ÉCRITURE INCLUSIVE

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Re: ÉCRITURE INCLUSIVE

Message par Snoopy » 02 Oct 2017

Pierrick, je suis tout à fait d'accord sur le principe "multi-fronts" et sur le fait que le discours "il ne faut pas combattre ici pour mieux taper là-bas" n'est bien entendu pas valide.

Le langage est effectivement très important dans notre manière de penser. D'ailleurs certains disent même qu'il influe véritablement notre façon de voir le monde d'où une plus grande ouverture d'esprit présumée des personnes maitrisant nativement plusieurs langues. Du coup, j'entends que, dans une volonté féministe, on puisse souhaiter adapter notre langage.

Ce que j'affirme (c'est une opinion personnelle qui n'engage donc que moi et je peux comprendre qu'on puisse être en désaccord), c'est que la solution "écriture inclusive" apportée au problème "masculin à valeur générique dans la langue française" n'est pas adaptée. Il faut bien comprendre : je ne dis pas qu'il n'y aurait rien à changer ou à adapter, je dis que je trouve la proposition de changement inepte. Du coup, je la classe simplement dans le sac de plus en plus rempli de propositions se disant féministes que je trouve ineptes et qui, selon moi, décrédibilisent le mouvement dans son ensemble.

Sans vouloir développer plus que ça, je peux tenter de donner quelques éléments d'argumentaire me faisant croire que vouloir imposer une écriture dite inclusive est une mauvaise idée.

Je vais commencer par citer l'Académie Française dans une note au sujet de la féminisation des mots liés à des métiers :
Dans la 9e édition [...] figurent par dizaines des formes féminines correspondant à des noms de métiers. Ces mots sont entrés naturellement dans l’usage, sans qu’ils aient été prescrits par décret : l’Académie les a enregistrés pourvu qu’ils soient de formation correcte et que leur emploi se soit imposé. Mais, conformément à sa mission, défendant l’esprit de la langue et les règles qui président à l’enrichissement du vocabulaire, elle rejette un esprit de système qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure, etc., pour ne rien dire de chercheure, qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes. Le français ne dispose pas d’un suffixe unique permettant de féminiser automatiquement les substantifs.
Quelques concepts hyper important pour moi : USAGE et ESPRIT DE SYTEME.

On continue :
Les règles qui régissent dans notre langue la distribution des genres remontent au bas latin et constituent des contraintes internes avec lesquelles il faut composer. L’une des contraintes propres à la langue française est qu’elle n’a que deux genres : pour désigner les qualités communes aux deux sexes, il a donc fallu qu’à l’un des deux genres soit conférée une valeur générique afin qu’il puisse neutraliser la différence entre les sexes. L’héritage latin a opté pour le masculin. Les professeurs Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss, à qui la Compagnie avait confié la rédaction de ce texte, adopté à l’unanimité dans la séance du 14 juin 1984, concluaient ainsi : « En français, la marque du féminin ne sert qu’accessoirement à rendre la distinction entre mâle et femelle. La distribution des substantifs en deux genres institue, dans la totalité du lexique, un principe de classification permettant éventuellement de distinguer des homonymes, de souligner des orthographes différentes, de classer des suffixes, d’indiquer des grandeurs relatives, des rapports de dérivation, et favorisant, par le jeu de l’accord des adjectifs, la variété des constructions nominales… Tous ces emplois du genre grammatical constituent un réseau complexe où la désignation contrastée des sexes ne joue qu’un rôle mineur. Des changements, faits de propos délibéré dans un secteur, peuvent avoir sur les autres des répercussions insoupçonnées. Ils risquent de mettre la confusion et le désordre dans un équilibre subtil né de l’usage, et qu’il paraîtrait mieux avisé de laisser à l’usage le soin de modifier » (déclaration faite en séance, le 14 juin 1984)
Un catalogue de métiers, titres et fonctions systématiquement et arbitrairement "féminisés" a été publié par la Documentation française, avec une préface du Premier ministre. La presse, la télévision ont suivi avec empressement ce qui pouvait passer pour une directive régalienne et légale » (déclaration adoptée à l’unanimité dans la séance du 25 mars 2002). Or aucun texte ne donne au gouvernement « le pouvoir de modifier de sa seule autorité le vocabulaire et la grammaire du français ». Nul ne peut régenter la langue, ni prescrire des règles qui violeraient la grammaire ou la syntaxe : elle n’est pas en effet un outil qui se modèle au gré des désirs et des projets politiques. Les compétences du pouvoir politique sont limitées par le statut juridique de la langue, expression de la souveraineté nationale et de la liberté individuelle, et par l’autorité de l’usage qui restreint la portée de toute terminologie officielle et obligatoire. Et de l’usage, seule l’Académie française a été instituée « la gardienne.
En 2002, l’Académie française, opposée à toute détermination autoritaire de l’usage, rappelait qu’elle avait tenu à « soumettre à l’épreuve du temps » les « recommandations » du Conseil supérieur de la langue française publiées en 1990 au Journal officiel au lieu de les imposer par décret
Voilà qui image bien le problème selon moi : la modification d'une langue doit se faire en fonction de l'usage et non être imposée à l'usage par un système ou une volonté politique. Or l'écriture inclusive, d'une, ne correspond pas du tout à l'usage mais en plus elle tendrait à le complexifier. Déjà à l'écrit je trouve ça très moche et pas pratique mais à l'oral ça devient carrément aberrent. Pour moi c'est une rustine et comme toutes les rustines, elles finissent par sauter. En gros, la forme avant le fond OK parfois mais dans le cas de la langue ça ne fonctionne pas selon moi.

Tant qu'à faire pourquoi ne pas supprimer tout bonnement les marques du féminin (é au lieu de ée,...) ou bien créer de toute pièce un "neutre français" (le, la, lu ? :) )? Ce serait d'autres réponses apportées au "combat" de la langue. Pour me répéter, tout ce que je dis c'est que la réponse apportée actuellement me parait ridicule et donc, à mon sens, décrédibilise le combat féministe.

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Re: ÉCRITURE INCLUSIVE

Message par Frédéric » 02 Oct 2017

J-B a écrit :
02 Oct 2017
Frédéric a écrit :
30 Sep 2017
Il ou elle est parti chercher sa baguette de pain chez Citron Meringué. Il ou elle rencontre ses copains. Ils et elles proposent d'aller au Temps des Cerises. ..
Faute!
Il ou elle rencontre ses cop-ain-ine-s
Oui, faute ! Et même fautes !
elle ou il est parti.e

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Pierrick
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Re: ÉCRITURE INCLUSIVE

Message par Pierrick » 02 Oct 2017

Snoopy a écrit :
02 Oct 2017
Pierrick, je suis tout à fait d'accord sur le principe "multi-fronts" et sur le fait que le discours "il ne faut pas combattre ici pour mieux taper là-bas" n'est bien entendu pas valide.

Le langage est effectivement très important dans notre manière de penser. D'ailleurs certains disent même qu'il influe véritablement notre façon de voir le monde d'où une plus grande ouverture d'esprit présumée des personnes maitrisant nativement plusieurs langues. Du coup, j'entends que, dans une volonté féministe, on puisse souhaiter adapter notre langage.

Ce que j'affirme (c'est une opinion personnelle qui n'engage donc que moi et je peux comprendre qu'on puisse être en désaccord), c'est que la solution "écriture inclusive" apportée au problème "masculin à valeur générique dans la langue française" n'est pas adaptée. Il faut bien comprendre : je ne dis pas qu'il n'y aurait rien à changer ou à adapter, je dis que je trouve la proposition de changement inepte. Du coup, je la classe simplement dans le sac de plus en plus rempli de propositions se disant féministes que je trouve ineptes et qui, selon moi, décrédibilisent le mouvement dans son ensemble.

Sans vouloir développer plus que ça, je peux tenter de donner quelques éléments d'argumentaire me faisant croire que vouloir imposer une écriture dite inclusive est une mauvaise idée.

Je vais commencer par citer l'Académie Française dans une note au sujet de la féminisation des mots liés à des métiers :
Dans la 9e édition [...] figurent par dizaines des formes féminines correspondant à des noms de métiers. Ces mots sont entrés naturellement dans l’usage, sans qu’ils aient été prescrits par décret : l’Académie les a enregistrés pourvu qu’ils soient de formation correcte et que leur emploi se soit imposé. Mais, conformément à sa mission, défendant l’esprit de la langue et les règles qui président à l’enrichissement du vocabulaire, elle rejette un esprit de système qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure, etc., pour ne rien dire de chercheure, qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes. Le français ne dispose pas d’un suffixe unique permettant de féminiser automatiquement les substantifs.
Quelques concepts hyper important pour moi : USAGE et ESPRIT DE SYTEME.

On continue :
Les règles qui régissent dans notre langue la distribution des genres remontent au bas latin et constituent des contraintes internes avec lesquelles il faut composer. L’une des contraintes propres à la langue française est qu’elle n’a que deux genres : pour désigner les qualités communes aux deux sexes, il a donc fallu qu’à l’un des deux genres soit conférée une valeur générique afin qu’il puisse neutraliser la différence entre les sexes. L’héritage latin a opté pour le masculin. Les professeurs Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss, à qui la Compagnie avait confié la rédaction de ce texte, adopté à l’unanimité dans la séance du 14 juin 1984, concluaient ainsi : « En français, la marque du féminin ne sert qu’accessoirement à rendre la distinction entre mâle et femelle. La distribution des substantifs en deux genres institue, dans la totalité du lexique, un principe de classification permettant éventuellement de distinguer des homonymes, de souligner des orthographes différentes, de classer des suffixes, d’indiquer des grandeurs relatives, des rapports de dérivation, et favorisant, par le jeu de l’accord des adjectifs, la variété des constructions nominales… Tous ces emplois du genre grammatical constituent un réseau complexe où la désignation contrastée des sexes ne joue qu’un rôle mineur. Des changements, faits de propos délibéré dans un secteur, peuvent avoir sur les autres des répercussions insoupçonnées. Ils risquent de mettre la confusion et le désordre dans un équilibre subtil né de l’usage, et qu’il paraîtrait mieux avisé de laisser à l’usage le soin de modifier » (déclaration faite en séance, le 14 juin 1984)
Un catalogue de métiers, titres et fonctions systématiquement et arbitrairement "féminisés" a été publié par la Documentation française, avec une préface du Premier ministre. La presse, la télévision ont suivi avec empressement ce qui pouvait passer pour une directive régalienne et légale » (déclaration adoptée à l’unanimité dans la séance du 25 mars 2002). Or aucun texte ne donne au gouvernement « le pouvoir de modifier de sa seule autorité le vocabulaire et la grammaire du français ». Nul ne peut régenter la langue, ni prescrire des règles qui violeraient la grammaire ou la syntaxe : elle n’est pas en effet un outil qui se modèle au gré des désirs et des projets politiques. Les compétences du pouvoir politique sont limitées par le statut juridique de la langue, expression de la souveraineté nationale et de la liberté individuelle, et par l’autorité de l’usage qui restreint la portée de toute terminologie officielle et obligatoire. Et de l’usage, seule l’Académie française a été instituée « la gardienne.
En 2002, l’Académie française, opposée à toute détermination autoritaire de l’usage, rappelait qu’elle avait tenu à « soumettre à l’épreuve du temps » les « recommandations » du Conseil supérieur de la langue française publiées en 1990 au Journal officiel au lieu de les imposer par décret
Voilà qui image bien le problème selon moi : la modification d'une langue doit se faire en fonction de l'usage et non être imposée à l'usage par un système ou une volonté politique. Or l'écriture inclusive, d'une, ne correspond pas du tout à l'usage mais en plus elle tendrait à le complexifier. Déjà à l'écrit je trouve ça très moche et pas pratique mais à l'oral ça devient carrément aberrent. Pour moi c'est une rustine et comme toutes les rustines, elles finissent par sauter. En gros, la forme avant le fond OK parfois mais dans le cas de la langue ça ne fonctionne pas selon moi.

Tant qu'à faire pourquoi ne pas supprimer tout bonnement les marques du féminin (é au lieu de ée,...) ou bien créer de toute pièce un "neutre français" (le, la, lu ? :) )? Ce serait d'autres réponses apportées au "combat" de la langue. Pour me répéter, tout ce que je dis c'est que la réponse apportée actuellement me parait ridicule et donc, à mon sens, décrédibilise le combat féministe.
L'écriture inclusive, c'est effectivement aussi la possibilité du neutre.

Quand à tous les autres exemples, citer l'académie française déjà ça part mal. L'académie française, c'est 4 femmes pour 34 membres actuellement, c'est une sous représentation des minorités hyper flagrantes et une concentration de l'élite qui prêterait à sourire si on ne l'écoutait pas tant. Pas qu'ils ne disent que des idioties, mais en ce qui concerne l'inclusion on peut considérer que leur avis ne vaut pas grand chose.

Il ne s'agit aucunement de purger la langue, mais de la faire évoluer pour mieux représenter l'égalité et influencer (oui, sans aucun doute il s'agit d'influencer) les nouvelles générations. Avant qu'on ne cite Orwell (vraiment?), toute langue influence ses natifs. Et aujourd'hui la langue française est profondément masculine, comme le veulent ses racines latines, et ça nous influence tous, qu'on le veuille ou non.

Alors j'entends les remarques sur le côté très moche de l'écriture façon é.e , mais il s'agit surtout ici de lancer un débat qui pourrait se terminer dans 50 ans sur, pourquoi pas, un nouveau genre dans le langage (ce qui pourrait avoir le double effet de la simplifier). Nous tous, papys, on serait outrés et tristes de voir cette jolie complexification des genres disparaître, mais pe que ça serait pour le mieux. On critique surtout l'idée parce qu'elle est neuve, mais je ne vois pas en quoi elle est stupide.

Tout ça pour dire: ne croyez pas que le féminisme aujourd'hui soit une affaire de grands combats "simples" dans leurs objectifs (droits de vote, etc.), même si pour bcp c'est encore le cas (je pense à la Pologne, d'où ma compagne est originaire). En France c'est un combat sur les détails qui forment notre psyche depuis l'enfance (sur des concepts comme le leadership - toujours profondément associé à l'image de l'homme, par exemple) et la langue fait partie intégrante de ces "détails". Y a bcp de lecture sur tout ça, je ne suis pas le mieux placé pour en parler mais j'ai eu la chance d'être "influencé" par des amis.es de groupes féministes, LGBT & co qui prennent le temps d'expliquer les choses malgré le 1er réflexe de quasiment tout le monde (femmes comprises souvent) qui est de tout rejeter en bloc ou de trouver ça "insignifiant". Oui, évidement il y a des combats plus importants que d'autres, mais il y a aussi bcp de gens qui se battent et tout le monde ne le fait pas sur le même front: quand certaines se battent contre Shell dans l'arctic, d'autres vont emmerder les chasseurs de baleines Japonais. C'est pareil pour les combats égalitaristes: y a pas vraiment de combats inutiles.

Allez, au lit !

Réponse vis à vis du concept d'usage: si on regarde le passé, tant que certains ne forcent pas certaines choses à changer, elles ne changent pas. Il ne faut pas attendre d'une société dominée par l'homme - et oui - qu'elle change d'elle même pour mieux inclure les femmes. Les coups de pouces - parfois coup de poings - pour forcer certains changements sont définitivement nécessaires. Alors ouais, les Femen on se moque, mais leur méthode choc a un impact. Comme le fait de lever le poing à des JO. Ou de pas se lever pour chanter l'hymne américain à un match de NFL (ce que bcp trouvent plus choquants que montrer ses seins). En gros, les réactions d'urticaires que bcp d'entres nous ont au départ à cause de méthodes chocs comme celles ci sont normales.
Qu'on se comprenne bien: la provocation seule ne suffit pas. Mais elle a un grand, grand rôle à jouer dans ces combats là. Et tous ceux qui vous irritent en utilisant du é.e dans tous les sens ils participent déjà beaucoup en nous faisant prendre conscience du problème et débat derrière la domination du masculin dans notre langue.

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Re: ÉCRITURE INCLUSIVE

Message par Snoopy » 03 Oct 2017

J'ai l'impression de me répéter mais tant pis : je ne critique pas l'idée, je critique la proposition et sa mise en application. Si on ne peut plus critiquer les propositions de solution sans passer pour quelqu'un qui remet en cause le problème, ce n'est plus un débat. Il y a des gens qui refuseront toute atteinte à la langue. Ce n'est pas mon cas mais ça ne m'empêche pas d'être critique face à cette proposition.

Si la démarche n'avait pour but que de lancer un débat justement, je la prendrais comme telle et peut être, en effet, c'est ce qu'il conviendrait de faire. En attendant, si j'ai bien suivi les discussions, on n'en est plus au débat, des profs commencent déjà à apprendre leurs nouveaux concepts en classe. Vous trouvez ça malin ? Ouverture d'esprit ? Oui, ok mais là on parle de règles de grammaires sur lesquelles personne ne s'entend pour le moment.

J'ai moi-même eu l'occasion d'en discuter avec des "groupes LGBT". Soit dit en passant, les qualifier ainsi en tant que groupe voire communauté comme le font certains contribue davantage à leur stigmatisation ou à leur mise à l'écart que d'utiliser un masculin de neutralité selon moi. Tout ça pour dire que leurs arguments ne m'ont pas convaincus. Comme c'est le cas ici j'ai l'impression qu'il n'est pas possible de faire entendre à un défenseur de l'écriture inclusive que ce n'est pas l'idée de changement qui me dérange mais avant tout la proposition de changement.

Quant à l'Académie Française, il ne sont pas avares de conneries, certes, mais quand ils disent quelque chose de censé, ça ne m'empêche pas d'entendre le fond. Je ne juge pas une idée ou un argumentaire en fonction de celui qui l'exprime, ou du moins j'essaye tant bien que mal d'éviter (on est tous humains). De la même manière, dénigrer par principe un argumentaire parce qu'il vient d'un groupe composé principalement d'hommes n'est pas très féministe. Si on retourne la chose, un groupe composé principalement de femmes ne serait pas légitime pour commenter une proposition qui concernerait principalement les hommes ? Dans le même ordre de pensée, faire de la discrimination positive, c'est faire de la discrimination quand même. Mais ça c'est un autre débat :)

Le seul argumentaire que j'entends bien ici est le suivant : "Et tous ceux qui vous irritent en utilisant du é.e dans tous les sens ils participent déjà beaucoup en nous faisant prendre conscience du problème et débat derrière la domination du masculin dans notre langue." Dans ce cas je dis OK, c'est donc un geste de contestation. Mais comme les athlètes qui lèvent leur poing aux JOs ne demandent pas aux autres de le faire et comme les Femen ne cherchent pas à ce que toutes les femmes suivent leur action choc, ne demandez pas au commun des mortels d'utiliser cette écriture au quotidien et encore moins, n'enseignez pas ce concept à des enfants qui croient apprendre la grammaire française.

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Re: ÉCRITURE INCLUSIVE

Message par Pierrick » 03 Oct 2017

Snoopy a écrit :
03 Oct 2017
J'ai l'impression de me répéter mais tant pis : je ne critique pas l'idée, je critique la proposition et sa mise en application. Si on ne peut plus critiquer les propositions de solution sans passer pour quelqu'un qui remet en cause le problème, ce n'est plus un débat. Il y a des gens qui refuseront toute atteinte à la langue. Ce n'est pas mon cas mais ça ne m'empêche pas d'être critique face à cette proposition.

Si la démarche n'avait pour but que de lancer un débat justement, je la prendrais comme telle et peut être, en effet, c'est ce qu'il conviendrait de faire. En attendant, si j'ai bien suivi les discussions, on n'en est plus au débat, des profs commencent déjà à apprendre leurs nouveaux concepts en classe. Vous trouvez ça malin ? Ouverture d'esprit ? Oui, ok mais là on parle de règles de grammaires sur lesquelles personne ne s'entend pour le moment.

J'entends bien. Il y aura toujours des gens pour faire les choses trop tôt, et je ne pense pas non plus que des règles soient prêtes pour les gosses. En attendant ici on est entre adulte, et sur un formulaire/message statique utiliser l'écriture inclusive (quel que soit sa forme, de abonné/abonnée à abonné.e) ça n'a rien de comparable avec l'apprendre aux enfants.

Snoopy a écrit :
03 Oct 2017
J'ai moi-même eu l'occasion d'en discuter avec des "groupes LGBT". Soit dit en passant, les qualifier ainsi en tant que groupe voire communauté comme le font certains contribue davantage à leur stigmatisation ou à leur mise à l'écart que d'utiliser un masculin de neutralité selon moi.

Je ne vois pas bien où est le féminin dans "groupes LGBT" ? J'utilise le mot valise pour parler globalement des personnes qui font parties ou soutiennent le mouvement LGBT.

Snoopy a écrit :
03 Oct 2017
Tout ça pour dire que leurs arguments ne m'ont pas convaincus. Comme c'est le cas ici j'ai l'impression qu'il n'est pas possible de faire entendre à un défenseur de l'écriture inclusive que ce n'est pas l'idée de changement qui me dérange mais avant tout la proposition de changement.

C'est le cas d'une très petit minoritée ça. Soyons clairs: la plupart refusent tout de go l'idée d'un changement. Du coup je m'excuse si j'ai pu avoir l'air de forcer le trait, qu'on ne soit pas d'accord sur l'application c'est tout à fait valable. Je ne suis absolument pas fan du format actuel (é.e) qui a bcp de défauts, mais faute de mieux et sur tous les formulaires écrits ça me parait être une solution tout à fait valable plutôt que de réécrire le mot une seconde fois, accordé.

Snoopy a écrit :
03 Oct 2017
Quant à l'Académie Française, il ne sont pas avares de conneries, certes, mais quand ils disent quelque chose de censé, ça ne m'empêche pas d'entendre le fond. Je ne juge pas une idée ou un argumentaire en fonction de celui qui l'exprime, ou du moins j'essaye tant bien que mal d'éviter (on est tous humains). De la même manière, dénigrer par principe un argumentaire parce qu'il vient d'un groupe composé principalement d'hommes n'est pas très féministe. Si on retourne la chose, un groupe composé principalement de femmes ne serait pas légitime pour commenter une proposition qui concernerait principalement les hommes ? Dans le même ordre de pensée, faire de la discrimination positive, c'est faire de la discrimination quand même. Mais ça c'est un autre débat :)

L'académie française ce sont des hommes, vieux, d'une élite très particulière. Je ne dis pas qu'ils ne disent que des conneries, mais oui, j'assume complètement le fait de ne les écouter que d'une oreille quand
1. ils parlent de quelque chose qui ne les concerne pas
2. ils sont très certainement ultra biaisés

Une des première choses qu'on apprend à faire quand on s'intéresse à ce genre de débats, c'est avant tout de laisser parler les intéressé(e)s. Que ça soit pour le racisme ou le sexisme, ce sont eux qui ont des choses à dire. Quand à la discrimination positive, c'est effectivement un tout autre débat (spoiler : c'est bien et c'est pensé pour le loooong terme), et ça n'a pas grand chose à voir avec le fait de considérer que des gens qui sont très loins de la problématique peuvent difficilement avoir un avis intéressant dessus. En l’occurrence ici on est dans un débat qui tire sur l'idéologique, avec peu arguments objectifs à apporter, et le profil des débatteurs a tendance à bcp jouer. Un peu comme quand les français des années 40 parlaient races/racismes/colonies, quoi.

Snoopy a écrit :
03 Oct 2017
Le seul argumentaire que j'entends bien ici est le suivant : "Et tous ceux qui vous irritent en utilisant du é.e dans tous les sens ils participent déjà beaucoup en nous faisant prendre conscience du problème et débat derrière la domination du masculin dans notre langue." Dans ce cas je dis OK, c'est donc un geste de contestation. Mais comme les athlètes qui lèvent leur poing aux JOs ne demandent pas aux autres de le faire et comme les Femen ne cherchent pas à ce que toutes les femmes suivent leur action choc, ne demandez pas au commun des mortels d'utiliser cette écriture au quotidien et encore moins, n'enseignez pas ce concept à des enfants qui croient apprendre la grammaire française.

Le débat a bcp viré sur l'idéologie. A la base il s'agissait avant tout d'inclure les 2 sexes dans les textes statiques du site. Comme dans 90% des sites créés actuellement où, pour le texte statique, on essaie d'accorder pour les 2 sexes. C'est ni plus ni moins qu'une abréviation comme on en utilise tant à l'écrit (j'ai dû utiliser "bcp" beaucoup trop de fois dans ce pavé), et ça n'a pas vocation à se prononcer à l'oral.

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Re: ÉCRITURE INCLUSIVE

Message par J-B » 03 Oct 2017

Donc:
- les académiciens sont "biaisés" parce que ce sont des "hommes, vieux" (et blanc?).
- les "groupes féministes, LGBT & co" qui "prennent le temps d'expliquer les choses" sont mieux placés pour donner un avis neutre et non idéologique sur l'orthographe.

Le raisonnement est quand même assez héroïque! :mrgreen:

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Re: ÉCRITURE INCLUSIVE

Message par Frédéric » 03 Oct 2017

C'est marrant
abonné/abonnée vs abonné.e
Abonné/abonnée : j'ai l'impression de lire du français mal fagoté

Abonné.e : j'ai l'impression de lire du code

:?

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Re: ÉCRITURE INCLUSIVE

Message par Snoopy » 03 Oct 2017

Je pense qu'on a fait le tour de la question :) Enfin peut être pas tout le monde mais, perso, je n'ai plus rien à ajouter par rapport au dernier message de Pierrick. J'espère qu'on aura au moins eu le mérite de faire avancer le Schmilblick. :D
Frédéric a écrit :
03 Oct 2017
Abonné.e : j'ai l'impression de lire du code
C'est parce que, par facilité d'utilisation j'imagine, il a utilisé des points à chaque fois au lieu du point-médian (·) qui ne se trouve pas sur les claviers classiques. :D donc non, abonné.e ne représente pas l'attribut e de l'objet abonné :crazy:

Pour en revenir à la question posée dans le sujet : j'ai l'impression que de ne rien changer revient à prendre une position neutre alors qu'utiliser le signe inclusif serait un acte de militantisme pour cette écriture que je ne cautionne pas. Ça m'embête un peu mais en même temps ce n'est pas non plus dérangeant à ce point. Un "Enregistré(e) le..." serait-il un bon compromis ? :interroge:

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