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Posted by on 27 mars 2013 in Construction du Fort, Interviews, L'écoquartier

Christophe Provot — Très concrètement, à quoi ressemble un écoquartier ?

 

Interview de Christophe Provot, Maire adjoint d’Issy-les-Moulineaux, en charge de l’urbanisme, datant de 2011.

 

Très concrètement, à quoi ressemble un écoquartier ?

 

Ce sont des règles que nous imposons aux promoteurs. Sur la ZAC des bords de Seine, sur laquelle nous nous trouvons, nous avons par exemple imposé aux promoteurs de faire en sorte que les appartements qu’ils construisent bénéficient de deux heures d’ensoleillement par jour, et cela quelle que soit la saison. Nous leur avons imposé une seule place de parking pour les voitures par appartement.

Première en France, nous leur avons proposé, et ils y ont contribué financièrement, un raccordement à l’usine d’incinération qui se trouve à cinq cents mètres d’ici, pour un système de collecte pneumatique des déchets, ce qui aura pour conséquence qu’il n’y aura pas de camions poubelle dans le quartier.

On a régulièrement estimé le surcoût aux alentours de 15 %. Je vous mentirais si je vous disais qu’au départ les promoteurs ne tordaient pas un peu le nez face à ce surcoût.

Mais il se trouve que la crise est arrivée et qu’ils ont trouvé dans la crise, et dans le développement durable, une formidable opportunité. Des opportunités de vente. Mais il se trouve qu’en dehors même des dispositifs fiscaux avantageux qui ont pu soutenir le marché, il y avait cette exigence environnementale qu’ils ont fait leur et qui a véritablement dopé le marché. Je pense qu’on n’imagine pas les perspectives qu’offre le développement durable sur la ville.

Aujourd’hui, nous faisons du BBC (bâtiment basse consommation), de la haute qualité environnementale. Le citoyen n’a pas beaucoup à être convaincu. C’est un peu aussi dans l’air du temps qu’il faille réserver de la place aux piétons, faire place aux circulations douces. Ce sont des sujets grand-public, pas tellement techniques. Les citoyens se les approprient assez bien. Ils sont là pour nous les rappeler si toutefois on devait les oublier.

Évidemment la limite est financière.

Où s’arrêter ? Nous avons par exemple intérêt à mettre sur cette ZAC 3,5 millions d’euros dans la collecte pneumatique. Le promoteur participe à hauteur de 1 million. Évidemment, on peut toujours faire plus, mais on peut faire moins. Il faut ajuster notre ambition.

 

La WebTV du management : débat consacré à la Croissance Durable entre Nicole Notat, présidente fondatrice de Vigeo, et Xavier Hochet, vice-président de Syntec Conseil en Management.