Les commerçants isséens hésitent à s’implanter sur le site du Fort numérique

Monsieur Raymond Loiseleur, directeur général de la SEMADS, aménageur public, fait le point sur la procédure d’attribution des locaux commerciaux du Fort d’Issy.
Où en est la Ville dans l’attribution des locaux commerciaux ?
La SEMADS a lancé le 3 février 2012 une procédure de consultation auprès des commerçants d’Issy-les-Moulineaux pour les informer des opportunités commerciales offertes sur le site du Fort et susciter leur candidature. Les 106 lettres adressées par André Santini, dans le cadre de cette procédure, visaient les boulangers, les bouchers, les marchands de primeurs, les marchands de vin, les brasseurs et restaurateurs, les pharmaciens, les coiffeurs, les esthéticiens sans oublier les supérettes, banques, pressing, papeterie/presse, soit l’ensemble des commerces de proximité de nature à satisfaire les habitants du quartier.
Par contre, cette information n’a pas couvert tous les types d’activités commerciales. Ainsi, les pizzerias et sandwicheries, par exemple, n’ont pas été sensibilisées car elles ne correspondent pas aux besoins en commerces de proximité et à la cohérence que la Ville souhaite donner au projet.
En quoi consiste cette procédure d’attribution ?
L’exercice a en fait consisté à contacter l’ensemble des commerçants de ces secteurs d’activité à partir de l’annuaire des commerces de la Ville et des Pages jaunes, tout simplement ! Le dossier transmis par la SEMADS comprenait des plans intégrant la situation des locaux commerciaux, un cahier des charges ainsi qu’un projet de bail commercial. Les destinataires de ce dossier disposaient d’un délai de deux mois, jusqu’au 30 mars dernier, pour faire valoir leur candidature, laquelle devait intégrer un business plan, une proposition de loyer mais également l’état de leur réflexion sur les aspects « e-commerce » et « développement durable ». En effet, s’agissant d’un écoquartier « numérique », ces éléments méritent d’être pris en compte dans les choix d’attribution.
Ainsi, la commission chargée de donner un avis à la SEMADS sera-t-elle sensible aux efforts fournis par les commerçants de produits alimentaires sur les questions de traçabilité ou de labels « bio » ou, s’agissant par exemple d’un pressing, sur la toxicité des produits qu’il utilise, s’il procède à des traitements chimiques in situ.
A l’issue de cette première procédure d’appel à candidatures, le 30 mars 2012, la SEMADS avait reçu 10 candidatures réparties dans les secteurs suivants : supérettes (6), boulangers-pâtissiers (2), esthéticienne (1) et banque (1).
Sur les 11 locaux commerciaux prévus, le compte n’y est pas…
Effectivement, cette première étape ne permetd’enregistrer des candidatures que pour quatre locaux sur les 11 à allouer. A cet égard, je rappelle que quatre locaux commerciaux se situeront dans les casemates jouxtant le stade Mimoun et sept autres
au rez-de-chaussée de l’immeuble « Belvédère ».
A quoi tient cette réserve de la part des commerçants isséens ?
Cette timidité relative de la part des commerçants isséens s’explique par plusieurs facteurs. Tout d’abord, le contexte « chantier en cours » peut freiner l’élan des investisseurs. L’expérience actuelle du chantier de Clamart sur la N306 n’est pas neutre dans cette réserve. Les commerçants sont des gens pragmatiques qui acceptent de s’engager dans une opération lorsqu’ils ont la possibilité de situer, de visu, leur projet dans son environnement définitif. Une ouverture en période de travaux partiels suscite des craintes de voir son image « brouillée », avec un chiffre d’affaires en progression moins rapide alors que les charges sont déjà comptabilisées. C’est pour cela que j’ai proposé un loyer progressif pendant les premiers mois d’activité. Un autre facteur, non négligeable, est peut-être lié au contexte économique et à la difficulté que peuvent connaître les investisseurs dans l’obtention des prêts nécessaires pour financer leur projet. Mais je ne suis pas inquiet sur le taux de remplissage des futurs commerces !
Les investissements à mobiliser sont donc importants ?
L’ouverture d’un point de vente sur le site du Fort nécessite de mobiliser, en moyenne, de 100.000 à 300.000€. Le loyer s’établira en fonction du chiffre d’affaires estimé dans le business plan. Au loyer, s’ajoutera lors de la prise à bail un
dépôt de garantie.
La liste des commerces par type d’activité n’est donc pas arrêtée à ce jour…
Non car elle dépend, en partie, des services qui seront proposés par l’une des cinq supérettes candidates. En effet, l’ouverture d’une boucherie peut être remise en question si l’enseigne propose un rayon « viande à la découpe ». Par contre, la création
d’une boulangerie est acquise, avec fabrication du pain sur place. L’installation d’une pharmacie, d’une banque et d’une brasserie reste d’actualité.
Comment comptez-vous organiser la suite des opérations ?
Tous les commerçants isséens seront relancés courant juin, par téléphone. Cette opération de démarchage sera élargie aux commerçants des communes voisines d’Issy-les-Moulineaux, en cas de nécessité.
Le site offre des possibilités commerciales originales. Je pense notamment aux quatre casemates qui peuvent accueillir certaines activités commerciales dans une ambiance originale pour des produits comme le vin ou le fromage. Mais au-delà de ces relances, il nous faut statuer sur les candidatures déjà transmises (cf. supra). Cela sera fait avant la fin du mois de mai prochain. Le comité de réflexion associera des élus municipaux ainsi que l’AVFI. Je reste confiant ; les commerces ouvriront comme prévu en mars 2013. Si de grandes enseignes se sont déjà pré-positionnées sur l’ouverture d’une supérette, cela signifie que le site offre une attractivité commerciale et de belles perspectives en termes de rentabilité de l’investissement.
Propos recueillis par Olivier BIGARNET et Pierrick DANIEL


Note de l’AVFI :
Depuis la réalisation de cette interview, l’annonce de la livraison de la première tranche, les relances effectuées par la Semads auprès des commerçants, et les discussions qui ont eu lieu lors de la commission relative aux commerces du Fort d’Issy du 23 mai dernier, ont générés nombre de nouvelles candidatures pour l’attribution de locaux commerciaux. Comme dit dans l’entretien ci-dessus, la « frilosité » initiale des commerçants est normale devant un projet entièrement sorti de terre. Plus la livraison approche, plus le projet se concrétise et plus les commerçants sont rassurés quant à la prestation qui leur est proposée.
L’AVFI et le blog ne manqueront pas de vous informer des prochaines étapes 😀
Olivier
Merci Olive-Avfi pour ces informations complémentaires.