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Posted by on 27 décembre 2012 in Construction du Fort, Ecoles, Interviews

Philippe Knussman, Maire-adjoint d’Issy chargé de l’éducation

Klusmann
 

Dans le quartier du Fort, deux nouvelles écoles communales sont en train de « sortir de terre » pour être mises en service dès la rentrée prochaine : l’école « Justin Oudin » (reconstruction) et l’école « Louise Michel » (création).

L’AVFI a rencontré M. Philippe Knusmann, Maire-adjoint chargé de l’Education, pour connaître l’état d’avancement de ces deux projets ainsi que les critères qui ont présidé aux choix opérés.

 

AVFI : Pourquoi deux écoles, au lieu d’une seule pouvant accueillir davantage de classes ?

Philippe Knusmann : Pour le confort des enfants et des équipes éducatives, nous avons préféré 2 écoles à taille humaine plutôt qu’une seule qui aurait compté 33 classes ! La construction de la nouvelle école « Justin Oudin » est de plus un projet ancien, très antérieur à celui du Fort numérique, même si les calendriers des deux projets aboutiront à mettre en service les deux écoles « Justin Oudin » et « Louise Michel » à la rentrée prochaine.

Cette concomitance de calendrier est due – s’agissant de « Justin Oudin » – aux difficultés que la Ville a connues pour se rendre maître des terrains de la rue du Fort. Ces difficultés, essentiellement liées à la complexité du transfert de propriété des terrains entre le ministère de la Défense (Etat) et la Ville, ont été ensuite amplifiées en 2010 par le refus de quelques résidents – ressortissants de ce ministère – de libérer les logements mis à leur disposition par la société nationale immobilière (SNI), malgré les solutions de relogement qui leur étaient proposées.

La Ville a finalement été contrainte d’engager une procédure d’expulsion pour pouvoir libérer les logements encore occupés, raser les bâtiments concernés, disposer de l’emprise et mener à bien son projet.

Deux années ont donc été perdues…

Nous avons effectivement perdu deux ans, les procédures relatives au choix de l’architecte du projet retenu et arrêté après concertation avec les futurs utilisateurs (enseignants, parents d’élèves, personnels et Clavim) et des entreprises ayant de leur côté abouti en temps et en heure. L’école « Justin Oudin » accueillera 19 classes, maternelles et élémentaires.

Quel est le coût de cette opération ?

Il s’élève « clé en main » à 30 millions d’euros, la moitié de ce montant représentant le prix d’acquisition du terrain. L’école sera livrée en juin prochain, le temps de régler les derniers détails au cours de l’été et de faire passer la Commission de sécurité avant la rentrée de septembre.

Qu’adviendra-t-il de l’ancienne école « Justin Oudin » ?

Elle sera démolie et le terrain sur lequel elle est érigée, dépollué au cours des vacances scolaires estivales. Le Conseil général des Hauts-de-Seine en sera le nouvel affectataire pour moderniser le collège mitoyen. Si c’est ce choix qui est opéré, vingt-deux mois de travaux seront nécessaires. Ils seront conduits en deux phases : une première phase de construction/extension du collège avec son gymnase, une seconde phase de réhabilitation du collège actuel.

Et la nouvelle école « Louise Michel », située rue Zamenhof, de l’autre côté du Fort ?

Elle comprendra 14 classes, maternelles et élémentaires, pour un coût « clé en main » de 16 millions d’euros. Contrairement au chantier « Justin Oudin », ce n’est pas la Ville mais la SEMADS qui est maître d’ouvrage, puisque ce projet s’intègre dans celui du Fort numérique.

Les parents d’élèves du quartier pourront-ils inscrire indifféremment leurs enfants dans l’une ou l’autre de ces deux écoles ?

L’école « Justin Oudin » a vocation à accueillir, comme auparavant, les enfants du quartier ainsi qu’une partie des enfants résidents du Fort numérique, selon une ligne de partage géographique qui a été définie par la Ville en concertation avec l’Inspection académique, les équipes pédagogiques et les parents d’élèves. Elle permettra également de désengorger au besoin l‘école des « Epinettes » qui est la deuxième école d’Issy-les-Moulineaux en termes d’effectif (après l’école « Jules Ferry ») et qui doit également faire l’objet, prochainement, de travaux de réhabilitation. Cette rénovation clôturera un cycle de douze années au terme desquelles l’ensemble des infrastructures scolaires de la Ville aura été rénové et modernisé.

L’école « Louise Michel », conçue dans le cadre du projet du Fort numérique, accueillera principalement des enfants résidents dans cette enceinte.

Quels sont les critères qui ont permis de dimensionner ces nouveaux équipements scolaires ?

Une classe comprend au maximum trente élèves, pour une surface de l’ordre de 60 m2. Le nombre de classes est calculé en tenant compte d’un coefficient d’occupation établi à partir de la typologie des logements dans le quartier concerné.

Quand la décision de construire est prise, les parents d’élèves sont-ils partie prenante au projet ?

La procédure liée à ce type de projet est bien rodée. Elle donne lieu à un concours d’architecture sachant que les contingences d’occupation sont définies au préalable en associant l’ensemble des acteurs concernés : enseignants, personnels municipaux, parents d’élèves… Il s’agit d’une étape importante car elle permet de décider des fonctionnalités de l’infrastructure à insérer au cahier des charges. A cet égard, la Ville tient toujours par exemple à ce que l’école soit lumineuse, ouverte sur son environnement et qu’elle dispose d’une vraie cour de récréation.

Au-delà des temps scolaires, les élèves pourront-ils bénéficier d’activités particulières ?

Des activités périscolaires seront proposées dans les deux écoles, comme dans toutes les autres écoles de la Ville. Les enfants pourront ainsi être pris en charge dès 7h30 ou 7h50 et jusqu’à 18h30. Une salle et un bureau sont prévus dans chacun de ces équipements pour permettre l’accueil des enfants et l’animation des ateliers, lesquels se déroulent également le mercredi et pendant les vacances scolaires. Le temps du midi est géré par la Ville et les parents pourront également inscrire leur(s) enfant(s) à l’étude.

Les enfants pourront en outre bénéficier d’un environnement privilégié et utiliser les nombreux équipements à proximité : le boulodrome, la piscine, la petite médiathèque du « temps des cerises », ou encore les casemates « sports ».

Ces activités périscolaires seront-elles gratuites pour les parents ?

L’organisation de ces ateliers, animés par le CLAVIM pour les enfants de maternelle et par la Ville pour les enfants inscrits en élémentaire, ne constitue pas une obligation pour les collectivités communales. Certaines ont les moyens financiers de le faire, d’autres non… A Issy-les-Moulineaux, les tarifs appliqués pour ces activités périscolaires sont établis en fonction d’un quotient familial, adapté à la situation de chaque famille et calculé en fonction d’un « taux d’effort ». En moyenne, les familles ne paient que 10% du coût réel des services dont elles bénéficient.

Comment sera organisée la restauration scolaire ?

Le service de restauration ne constitue pas non plus une obligation pour les communes. Pour autant, ce service est assuré à Issy-les-Moulineaux, via une délégation confiée à une entreprise privée – le Groupe Elior – dans le cadre d’un contrat signé en 2008 pour la restauration des enfants inscrits dans toutes les écoles de la Ville et qui arrive à échéance en 2016. La cuisine centrale, située à Fresnes (94), prépare les 4.800 repas quotidiens livrés en liaison froide à l’ensemble de nos écoles, lesquelles sont équipées des matériels nécessaires pour assurer leur conservation ainsi que la « réchauffe ».

Des équipements spécifiques (réfrigérateur, four micro-ondes, armoire de stockage) sont également installés dans les écoles pour permettre aux enfants allergiques de prendre leurs repas, en les distinguant de la chaîne de distribution collective.

Tous les enfants pourront-ils bénéficier de la cantine ?

La Ville enregistre un taux d’inscription à la cantine élevé, de l’ordre de 75 à 85% des élèves scolarisés. Si tous les élèves ne peuvent être accueillis, est alors prise en compte et conformément au Règlement intérieur de la restauration scolaire, la situation professionnelle et/ou financière des parents, selon qu’ils aient la possibilité de les prendre eux-mêmes en charge le midi, s’ils n’ont pas d’activité professionnelle par exemple ou bien encore si leurs revenus leur permettent de recourir à une « nounou ».

A « Louise Michel » comme à « Justin Oudin », les salles de restaurant seront particulièrement confortables, et ont été dimensionnées de manière à pouvoir accueillir tous les élèves qui le souhaitent.

Quel sera le prix du repas ?

Elior facture un repas 4,85€ TTC à la Ville. La moitié de ce coût porte sur le prix des denrées, l’autre moitié correspond aux coûts de préparation, de livraison et à la marge de l’entreprise. A cela, il faut ajouter les charges du personnel de restauration et d’encadrement, des locaux, les contrôles sanitaires, ce qui porte en moyenne le coût d’un repas à 9,90€.

La Ville facture les repas aux parents d’élèves sur la base d’une grille tarifaire qui s’échelonne de 0,50 à 5,50 €, en fonction de leurs revenus. Pour autant, les parents ne paient – en moyenne – que 35% du coût réel de la prestation de restauration.

La qualité est-elle au rendez-vous ?

La qualité du service fourni par Elior est évaluée régulièrement, à partir de questionnaires renseignés par les enfants eux-mêmes, mais également par les personnels municipaux. Les représentants des parents d’élèves, élus au Conseil de l’école, sont autorisés à visiter les cantines quand ils le souhaitent. En outre, une « Commission des menus » se réunit régulièrement au sein de la Commission des usagers mise en place par la Ville pour l’ensemble des services qu’elle délègue aux entreprises
privées.

A ce stade, les parents d’élèves – anciens ou futurs résidents du quartier du Fort – vous ont-ils déjà contactés pour disposer d’informations quant à la mise en service de ces deux nouvelles écoles ?

A ce jour, très peu de parents d’élèves se sont manifestés auprès des services de la Ville. Pour « Justin Oudin », toutes les informations sont données au Conseil d’école, indépendamment des visites organisées.

 

Cet article est issu de la septième lettre des Voisins du Fort d’Issy. Vous pourrez la consulter prochainement en son intégralité sur le site de l’AVFI. Soutenez leur action, en devenant membre de l’association.