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Posted by on 24 décembre 2012 in Construction du Fort, Ecoles, Interviews

MM. Nissim & de Lammerville – FCPE & PeeP à Justin Oudin

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Le témoignage des deux présidents de parents d’élèves (sur la photo, M. Yves Nissim est à gauche, M. de Lammerville est à droite)

 

AVFI : Pourquoi avez-vous pris, chacun dans vos fédérations de parents d’élèves, la responsabilité de cette présidence ?

Yves Nissim : J’ai pris cette responsabilité à cause du chantier et des nuisances qu’il occasionnait pour nos enfants. Des engagements avaient été pris par les opérateurs et manifestement, ils n’étaient pas toujours suivis d’effets. Il convenait donc de veiller à ce que la situation évolue.

Rémi de Lammerville : Peu de candidats s’étaient manifestés lors des élections de parents d’élèves, justement en raison de ce contexte difficile. J’ai d’ailleurs mis plusieurs semaines à bien appréhender le jeu des acteurs : la municipalité, la directrice de l’école, les enseignants, les responsables des chantiers du Fort, les personnes chargées d’identifier les nuisances, …

Quelles relations les deux fédérations entretiennent-elles ?

Yves Nissim : Très rapidement, les deux fédérations ont travaillé « main dans la main ». Cela nous est apparu nécessaire pour peser davantage sur les décisions.

Rémi de Lammerville : Pour autant, il est parfois difficile de se faire entendre, notamment vis-à-vis de la municipalité. C’est un « jeu à trois » : les parents d’élèves, la directrice de l’école et la Ville.

Yves Nissim : Notre première lutte a consisté à obtenir la délocalisation de l’école pendant les travaux. C’est une procédure assez ordinaire, souvent mise en oeuvre dans d’autres villes. Nous avons notamment proposé que des algécos soient installés à proximité, dans le parc Rodin par exemple, pour accueillir les classes. Mais cette proposition n’a pas été retenue…

Considérez-vous que la construction de ces nouvelles écoles s’avérait nécessaire ?

Yves Nissim : Il existait un vrai besoin en termes d’infrastructure, ne serait-ce que pour pouvoir accueillir les nouveaux résidents du Fort. En outre, à « Justin Oudin », la chaudière a plus de 35 ans, le bâtiment n’est pas isolé thermiquement, … Il faut savoir au demeurant que la Ville a arrêté d’investir, pour assurer l’entretien, trois ou quatre ans avant le début des travaux du Fort.

Rémi de Lammerville : Tout le monde était attaché au vieux bâtiment car il a une histoire, mais il était temps de changer…

Avez-vous été associés à l’élaboration du projet ?

Rémi de Lammerville : Peu de temps après ma prise de fonction, j’ai participé à un conseil d’école durant lequel l’architecte avait présenté le projet ainsi que la maquette. Ce jour-là, quelques remarques avaient été formulées mais, globalement, le projet avait recueilli un avis très favorable.

Yves Nissim : Plus en amont du projet, un cahier des charges avait circulé. Mon prédécesseur à la FCPE en avait été destinataire. Pour ma part, il me semble que le projet retenu relève d’un choix judicieux.

Les chantiers causent-ils des nuisances importantes à la communauté scolaire ?

Yves Nissim : La réalisation des travaux a pris un chemin jonché de mensonges ! Notamment lorsqu’il a été question du percement des remparts du Fort. Il nous a été dit que jamais les camions ne passeraient par là et que les remparts étaient protégés. Toutes ces promesses ont volé en éclat sous la pression – j’imagine – du chantier du Fort. L’écoute existe mais ne se traduit pas par des actes pour limiter les nuisances subies par les élèves et les risques sanitaires auxquels ils peuvent être exposés, notamment liés à la poussière. A cet égard, des sondes ont été installées, à notre demande, pour mesurer leur niveau d’exposition à ce risque mais il s’agit d’une « jauge à cumul » qui ne correspond pas du tout à ce qui était attendu initialement. Cela a été dit mais la Ville s’est toujours réfugiée derrière l’avis des experts.

Rémi de Lammerville : Face à ces nuisances, nous avons quand même pu faire interrompre le chantier à trois ou quatre reprises.

Vous vous révélez donc critiques vis-à-vis de la situation …

Yves Nissim : Pour illustrer les défauts d’organisation que l’on dénonce, il suffit de rappeler les conditions de démolition de la bulle de vente. Cette démolition a commencé un mardi, en juin dernier, alors que les vacances scolaires débutaient le vendredi soir, trois jours plus tard. Notre demande a été entendue et cette destruction a été reportée la semaine suivante…

Rémi de Lammerville : En même temps, des initiatives ont été prises de façon unilatérale par les opérateurs, sans concertation préalable. La pose du mur antibruit, par exemple. On l’a découvert à l’issue d’une période de vacances scolaires…

La pose de ce mur a cependant dû atténuer considérablement les nuisances sonores.

Yves Nissim : Ce mur a certainement atténué le bruit mais de manière bien insuffisante, vu le niveau sonore du chantier du Fort. Des travaux de double-vitrage avaient également été promis par la Mairie, et cette promesse – comme beaucoup d’autres – n’a pas été tenue pour des raisons budgétaires… De même, lorsqu’à la dernière rentrée nous avons été amenés à saisir la Ville au sujet des nuisances sonores (encore) subies par les élèves, une réponse écrite nous a été transmise mais complètement « à côté de la plaque ».

Rémi de Lammerville : La situation était pourtant préoccupante… Les enfants ont dû parfois sortir dans la cour au lieu de rester en classe car les maîtres se trouvaient dans l’incapacité de faire cours compte tenu du bruit ! Face à ces nuisances, certains parents ont décidé d’inscrire leurs enfants ailleurs. L’effectif diminue ; une classe a été fermée cette année…

Yves Nissim : De nombreuses demandes ont été adressées à la Mairie pour inscrire les enfants dans d’autres écoles, quasiment toutes ont été refusées par la Ville.

Comment envisagez-vous l’avenir ?

Yves Nissim et Rémi de Lammerville : A ce stade, on continue de veiller aux intérêts des élèves et des professeurs. On participe aux rendez-vous de chantier trimestriels, organisés avec les opérateurs. Nous sommes satisfaits de l’entreprise Léon Gross. En charge de la construction de la nouvelle école « Justin Oudin », elle s’efforce de tenir compte de nos remarques.

Par contre, les responsables du chantier du Fort nous « enfument » régulièrement et passent toujours en force contre le bien-être des enfants. Le conseil de l’école constitue également une instance dans laquelle nous pouvons faire valoir nos préoccupations.

Pour autant, nous ne sommes pas au bout ; il reste à gérer l’agrandissement du collège ainsi que les travaux de construction de la résidence prévue derrière la nouvelle école « Justin Oudin »…

 

Cet article est issu de la septième lettre des Voisins du Fort d’Issy. Vous pourrez la consulter prochainement en son intégralité sur le site de l’AVFI. Soutenez leur action, en devenant membre de l’association.